Le 22 septembre 1959, n’ayant pas fini mes devoirs je n’ai pu me rendre au club Black Hawk écouter le quintet de Shelly Manne. Vous aussi, je suppose, n’y étiez pas non plus? Rien à regretter, la firme American Jazz Classics réédite l’intégralité de cette prestation mémorable en un coffret de 4 CDs (qui comprend un livret de 20 pages). L’atmosphère particulière de ce petit club est bien rendue dans ces enregistrements(*).
Le quintet de Shelly Manne a été enregistré pendant 3 nuits, du 22 au 24 septembre 1959, à San Francisco dans le fameux club et édité initialement par la firme Contemporary en 5 CDs séparés (comme At The Blackhawk Vol 1 et suivants). Ces enregistrements prouvent combien Shelly Manne était l’un des meilleurs et des plus influents batteurs de l’histoire du jazz moderne. Shelly Manne est un batteur qui ne fait pas dans la frime, presque pas de solo, mais il pratique la batterie comme un instrument à part entière. C’est un des piliers du jazz west-coast bien qu’il soit né à New-York (comme la plupart des jazzmen dit West-coast qui viennent souvent de la Côte Est des États-Unis).
Cette formation, avec le trompettiste Joe Gordon, le saxophoniste ténor Richie Kamuca, le pianiste Victor Feldman (un Londonien qui s’installe à Los Angeles en 1957), et le contrebassiste Monty Budwig nous livre un bebop de très haute qualité. La frappe propre et précise de Shelly Manne, le soutien sans faille du pianiste et du contrebassiste, l’excellente alchimie entre le saxophone de Richie Kamuca (originaire de Philadelphie) et la trompette de Joe Gordon (né à Boston), particulièrement en forme, nous procure bien du plaisir. Leurs solos volent fort haut. Deux interprètes trop méconnus. Ils font la démonstration de leur talent respectif dès le premier morceau avec une sublime version de Summertime qui commence à la trompette avec sourdine de Joe suivi d’un solo tout en délicatesse de Richie. Le piano évanescent de Victor convient bien à ce morceau. En arrière plan sonore la contrebasse de Monty égrène le temps qui passe et Shelly marque les ruptures. Changement total d’atmosphère avec la composition très bop de Tadd Dameron « Our delight », puis suivi d’un excellent « Poinciana ». Chaque morceau est un délice jusqu’au titre « Pullin’ Strings » une composition subtile de Victor Feldman qui fait la part belle à la contrebasse de Monty Budwig. La composition de Bill Holman « A gem from Tiffany » revient comme un fil rouge tout au long du concert à 4 reprises dont une superbe version vient conclure ces trois soirées ; on peut y apprécier tout le talent de rythmicien de Shelly Manne. Un grand moment de batterie derrière les deux souffleurs. Une alternance de standards, de morceaux de compositeurs de l’Est comme Dameron ou Golson ou de l’Ouest comme Rosolino ou Bill Holman. Près de 4h40 de musique de grande qualité.
Hautement recommandé aux amateurs de jazz et à ceux qui veulent écouter un très bon concert.
————
* D’autres enregistrements célèbres ont eu lieu dans ce club comme ceux de Thelonious Monk ou Miles Davis
Le 22 septembre 1959, n’ayant pas fini mes devoirs je n’ai pu me rendre au club Black Hawk écouter le quintet de Shelly Manne. Vous aussi, je suppose, n’y étiez pas non plus? Rien à regretter, la firme American Jazz Classics réédite l’intégralité de cette prestation mémorable en un coffret de 4 CDs (qui comprend un livret de 20 pages). L’atmosphère particulière de ce petit club est bien rendue dans ces enregistrements(*).
Le quintet de Shelly Manne a été enregistré pendant 3 nuits, du 22 au 24 septembre 1959, à San Francisco dans le fameux club et édité initialement par la firme Contemporary en 5 CDs séparés (comme At The Blackhawk Vol 1 et suivants). Ces enregistrements prouvent combien Shelly Manne était l’un des meilleurs et des plus influents batteurs de l’histoire du jazz moderne. Shelly Manne est un batteur qui ne fait pas dans la frime, presque pas de solo, mais il pratique la batterie comme un instrument à part entière. C’est un des piliers du jazz west-coast bien qu’il soit né à New-York (comme la plupart des jazzmen dit West-coast qui viennent souvent de la Côte Est des États-Unis).
Cette formation, avec le trompettiste Joe Gordon, le saxophoniste ténor Richie Kamuca, le pianiste Victor Feldman (un Londonien qui s’installe à Los Angeles en 1957), et le contrebassiste Monty Budwig nous livre un bebop de très haute qualité. La frappe propre et précise de Shelly Manne, le soutien sans faille du pianiste et du contrebassiste, l’excellente alchimie entre le saxophone de Richie Kamuca (originaire de Philadelphie) et la trompette de Joe Gordon (né à Boston), particulièrement en forme, nous procure bien du plaisir. Leurs solos volent fort haut. Deux interprètes trop méconnus. Ils font la démonstration de leur talent respectif dès le premier morceau avec une sublime version de Summertime qui commence à la trompette avec sourdine de Joe suivi d’un solo tout en délicatesse de Richie. Le piano évanescent de Victor convient bien à ce morceau. En arrière plan sonore la contrebasse de Monty égrène le temps qui passe et Shelly marque les ruptures. Changement total d’atmosphère avec la composition très bop de Tadd Dameron « Our delight », puis suivi d’un excellent « Poinciana ». Chaque morceau est un délice jusqu’au titre « Pullin’ Strings » une composition subtile de Victor Feldman qui fait la part belle à la contrebasse de Monty Budwig. La composition de Bill Holman « A gem from Tiffany » revient comme un fil rouge tout au long du concert à 4 reprises dont une superbe version vient conclure ces trois soirées ; on peut y apprécier tout le talent de rythmicien de Shelly Manne. Un grand moment de batterie derrière les deux souffleurs. Une alternance de standards, de morceaux de compositeurs de l’Est comme Dameron ou Golson ou de l’Ouest comme Rosolino ou Bill Holman. Près de 4h40 de musique de grande qualité.
Hautement recommandé aux amateurs de jazz et à ceux qui veulent écouter un très bon concert.
————
* D’autres enregistrements célèbres ont eu lieu dans ce club comme ceux de Thelonious Monk ou Miles Davis
Rating: 5 / 5